Comment mon voyage aux Etats-Unis m'a couté moins cher que celui en Inde

  • Posted on: 6 May 2015
  • By: florent

Les deux pays dans lesquels j'ai dépensé le moins d'argent par jours lors de mon tour du monde sont : l'Inde et ... les Etats-Unis.
Pour l'Inde, ce n'est pas très surprenant, mais pour les Etats-Unis, cela semble paradoxal.

Voilà pourquoi 30 jours en Inde du Nord m'ont couté à peine un peu moins cher que 30 jours sur la côte Ouest américaine, dans les environs de 480 euros.

En Inde, les transports en train ne sont pas chers. Surtout les tickets de train en classe 3. Cependant, pour obtenir un ticket, c'est vraiment de la folie. A Gorakput, j'ai passé 4 heures à faire la queue pour essayer de réserver un billet pour un train de nuit rempli, et j'ai du finalement me résigner à passer une nuit de plus sur place pour pourvoir prendre un train du lendemain dans lequel il restait des places.
Au Etats-Unis, j'ai trouvé en 15 minutes une voiture qui m'a amené de Portland, Oregon à San Francisco, Californie, pour 10 heures de trajet, pour quelques dollars. Sans compter le stop qui ne coûte rien. En Inde, faire du stop est très compliqué. A Agra, par exemple, pas loin du Taj Mahal, j'ai croisé un couple de hongrois qui traversaient l'Asie en stop et qui passaient leurs journées à expliquer aux locaux ce qu'était l'auto-stop depuis qu'ils étaient en Inde. La principale remarque qu'on leur faisait était "Si vous n'avez pas d'argent pour le transport, pourquoi vous ne restez pas chez vous? ».
Les transports publics au centre-ville (Zone 1) à Seattle, Washington, ou Portland, Oregon, sont gratuits. En Inde, impossible de trouver un tel service sans solliciter la bienveillance des habitants, qui vivent pour la plupart avec comme budget annuel le prix du contenu de votre sac.

Accéder au Wifi gratuitement dans la rue aux Etats-Unis n'est pas un problème. En Inde, la plupart des hébergements proposaient une connexion, en tous cas d'après les informations que j’avais, mais la qualité est aléatoire. A Dehli, je m'installe dans un hôtel pas cher et presque propre, après m'être assuré qu'un réseau portant le nom de l'hôtel était disponible et qu'un beau auto-collant sur la porte confirmait la présence d'un réseau Wifi. Après le check-in, je demande à l'accueil quel est le mot de passe pour accéder au réseau. La seule réponse que j'ai pu avoir : "On ne connait pas le mot de passe, en fait, c'est le cousin de l'ancien cuisinier qui a branché un routeur. Ce n'est pas du tout pour accéder à Internet, c'est pour pouvoir avoir un logo wifi dans Lonely Planet et le Guide du Routard. Si tu travailles pour un guide de voyage, on peut te montrer le groupe électrogène qui permet de laisser le routeur allumé pendant les coupures de courant, on subit 2 à 3 heures de coupure électrique par jour. On veut garder le logo dans les guides de voyage. » Dans les grandes villes américaines, pleins de réseaux ouverts sont accessibles à peut près n’importe où, avec un débit défiant toute concurrence.

A Chicago, j'ai été dans un super-marché monstrueusement énorme avec de la nourriture jusqu'à plafond sur des milliers de mètres carré. A chaque bout de rayon, il était possible de déguster des produits proposés par des vendeurs qui vantaient leurs aliments soi-disant hors du commun. 45 minutes dans le supermarché, 1 pizza, quelques toasts au saumon, des verres de boisson pour sportifs verte fluo, des nems frits sur place et une coupelle de yaourt amincissant plus tard, je continue ma route sans avoir payé un centime, même si la nourriture était loin d'être excellente (mais en terme de volume et calories, difficile de faire mieux). La plupart des restaurants de chinatowns proposent aussi des menu à volonté pour quelques dollars. En Inde, qui n’est pas comme aux états-unis une société de abondance, rien n’est gratuit. Sauf dans les temples sihks, où de la nourriture gratuite est proposée. Pas pour des raisons marketing, juste parce que des personnes meurent de faim dans la rue. Personnellement, j’ai quelques difficultés à faire la queue dans ce contexte pour éviter de payer 3 dollars.

En Inde du Nord, il est certain que tout est très peu cher. Mais à prestation égale, les Etats-Unis restent étonnamment moins chers, en tout cas c'est ce que j'ai cru ressentir lors de mon voyage. Le coût de la sécurité alimentaire n'existe pas dans un pays développé, et beaucoup de choses sont gratuites (l'eau, le papier-toilette…). Beaucoup de musées sont gratuits au Etats-Unis, il faut payer pour faire garder ses chaussures au sein du Taj Mahal, après avoir payé un ticket d'entrée (dont le prix pour les non indiens est 12 fois plus élevé que pour les locaux).

Le principale raison qui m'a permis de ne pas beaucoup dépenser sur la côte Ouest des Etats-Unis, c'est le fait que mon mode de vie de backpacker me faisait percevoir comme quelqu'un qui n'avait pas de ressources. En Inde, ce même mode de vie de voyageur à plein temps me faisait passer pour un riche étranger en vacances, ce qui change réellement les relations entre les individus et le rapport à l’argent.

L’hébergement en Inde est bon marché, j’ai souvent payé dans les 400 roupies pour une nuit (6 euros), mais les toilettes sont loin de valoir celles de n’importe quelle station service américaine. Une fois, dans un hôtel près de Varanasi, j’avais laissé un sac en plastique avec des pelures d’orange accroché à mon sac à dos pendant la nuit, je me suis fait réveillé par un rat qui faisait du bruit en l’ouvrant. Dormir dans un hall de départ de bus à Chicago permet le même type de confort (si on peut appeler ça comme ça), mais pour un budget moindre.

Un autre exemple du fait que la mondialisation uniformise les prix: j’ai acheté les piles les moins chères que je pouvais trouver pour mon rasoir électrique en Nouvelle-Zélande, à 6 NZD ( 4,20 EUR). Elles ont durées 4 mois, jusqu’en Inde, où j’en ai achetées de nouvelles, en prenant là aussi les moins chères disponibles : 65 roupies (1 EUR). Elles n’ont durées que 3 semaines, soit à peu près pareil.

J’ai payé 2 nuits sur 30 à Chicago et de Vancouver à Los Angeles. En Inde, j’ai payé très peu, mais toutes les 30 nuits. Je n’ai jamais payé pour boire aux Etats-Unis. J’ai dû acheter de l’eau en bouteille, en faisant attention qu’elle proviennent d’un magasin qui ne fait pas de « ré-embouteillage » tous les jours entre la frontière du Népal à celle du Pakistan. J’ai marché des heures aux Etats-Unis pour réduire mon budget transport, et de nombreuses personne m’ont proposé de m’amener en voiture où je le souhaitais. J’ai aussi marché des heures en Inde, mais je devais en plus refuser les centaines d’offres de chauffeurs de taxi qui s’arrêtaient à mes côtés pour me dire que je n’arriverai jamais à marcher jusqu’à ma destination. Au moins, il y avait de l’offre :) J’ai payé quelques tickets de bus hors de prix aux Etats-Unis en 1 minute, et j’ai payé des tickets de train pas chers du tout après 2 heures de queue.

En fait, l’Inde est très bon marché pour les gens qui bénéficient du très bas niveau de salaires : si vous avez besoin d’un chauffeur, si vous aimez les hôtels de luxe avec 3 personnes dédiées à votre chambre, les prix et la qualité est bien en dessus de celle que l’on peut trouver aux Etats-Unis, qui sont hors de prix pour le marché.

Le budget d’un voyage ne dépend pas du niveau de vie moyen, mais du prix de l’utilisation des infrastructures pour un voyageur, et de la qualité de la supply-chain locale.
C’est pour ça que la Thaïlande reste une destination très prisée : de très bonnes infrastructures et une offre à l’occidentale, pour des prix proches de ceux du Vietnam.

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Salut Florent ! Enorme ton article en comparant ton budget US et Inde. Enorme, car tu as eu un budget incroyable aux US ! Chapeau :D.

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