Autostop Bruxelles Luxembourg Nancy Epinal

  • Posted on: 4 April 2011
  • By: florent

Il me reste encore pas mal de temps avant de prendre l'avion de Londres (j'ai décidé de négocier les billets d'avion avec des agences anglaises, même si je ne sais pas encore laquelle), mais je réfléchis à ce que je dois prendre avec moi, et comment organiser mon sac.

A cette fin, j'ai fait un test grandeur nature le week-end dernier. Un aller-retour Bruxelles (Belgique) - Epinal (Vosges, France), 400 kilomètres, avec une partie du matériel que je pense nécessaire pour le tour du monde sur le dos. J'ai fait l'aller en autostop, sur les conseils de Walter, un globe-trotteur néerlandais que j'ai hébergé 2 nuits la semaine dernière. Il venait d'Anvers avec sa copine, et partait vers Triers en Allemagne en stop. Ils ont fait une halte de 2 nuits chez moi, à Bruxelles. Walter, m'a fourni l'intégralité du matériel nécessaire selon lui pour faire du stop (c'est-à-dire 2 feuille de papier rigide blanc A3 ), et m'a fourni quelques conseils.

Vendredi, à 10:30, nous voilà près du métro Delta à Bruxelles pour trouver un chauffeur vers le Luxembourg. Je partirai seul d'abord, puis ils prendront ensemble un autre véhicule après mon départ. Posté le long de la route, 400 mètres avant le bretelle qui mène sur l'autoroute vers Namur et Luxembourg, avec mon affichette sur laquelle on peut lire "LUX", je n'ai même pas le temps de m'inquiéter du fait que la pluie semble proche qu'une camionnette s'arrête. 6 min ! Six minutes d'attentes, 4 vagues de voitures dues au feu rouge qui les envoie par paquet de 20, et je trouve déjà un véhicule qui me propose de m'emmener jusqu'au Luxembourg, soit plus de 200 kilomètres. Pour un premier essai, c'est plus qu'efficace.

Le chauffeur est en fait le propriétaire de dani express, et fait des livraison de courrier de Bruxelles vers le Luxembourg tous les jours avec sa camionette. Très sympa, il me raconte les transports les plus inattendus qu'il a dû effectuer : ramener des médicaments d'une pharmacie belge en Autriche pour un chien malade en vacances, ou encore livrer un prototype de moteur au Nord de L'Irlande. Il me dépose à la première station service avant Luxembourg.

12h40 : Après 15 minutes de repos pendant lesquels j'écris "Nancy" sur le revert de mon papier, je me place dans la dernière partie du parking de l'aire de repos. Peu de voitures dans le coin, après 15 min, je passe du côté des poids lourds qui font le plein. Un plein de camion dure au moins 5 à 7 minutes, pendant lesquels les chauffeurs ont le temps de me voir. L'un d'entre eux me propose de me poser à la station service suivante, mais seulemejnt dans 35 minutes car il doit faire une pause obligatoire. Je le remercie et lui propose de revenir dans 30 minutes. Entre temps, je trouve un chauffeur alsacien qui m'amène jusqu'à la station suivante, qui héberge un véritable super marché de la cigarette. 25 minutes d'attente en tout pour cette étape.

A Berchem, je me place directement à la sorties des pompes, ce qui avait l'air de mieux fonctionner. Après 8 minutes, un nacéen s'arrête et me propose de m'amener jusqu'à Nancy, une fois qu'il a acheté quelques cigarettes. On va ensemble à la caisse, et les quelques cigarettes annoncées sont en fait 4 seaux de tabac, et 6 cartouches. Il m'explique qu'il a fait l'aller-retour dans la matinée juste pour ça, et que la différence de taxes de l'essence suffit à rembourser le trajet. C'est un ancien mineur qui est maintenant agnet EDF en charge de la maintenance du réseau dans la région de Nancy.
Il m'explique : "Faut pas croire, tout mon entourage fait la même chose, la vie est trop chère. En plus ils veulent encore baisser les salaires pour nous chez EDF, mais rajouter des primes pour compenser. Dans la mine, c'était pareil, le salaire était bas, c'était les primes qui ramenaient de l'argent. une fois retraités, on a plus rien, puisque la retraite est basée sur le salaire".

Il me dépose juste après Nancy, dans une petite station service qui mène vers Epinal. Tous les vosgiens passent soi-disant par là, ce qui a l'air d'être le cas, mais aucun ne s'arrête pour faire le plein. Une à deux voitures maximum toutes les 10 minutes.

15h50 : Après 40 minutes d'attente, un drôle de véhicule propose de m'emmener à Epinal :  une camionnette à trois places à l'avant, et un grand plateau vide à l'arrière pour transporter du matériel. Le volant est à droite, et deux larges fissures barrent le pare-brise. Deux jeunes sont à bord, et l'un d'entre eux parle péniblement 5 mots de français, l'autre ouvre à peine la bouche pour parler en roumain. On part pour les 60 derniers kilomètres qui nous séparent de mon objectif, après avoir difficilement rentré mon sac dans la cabine exiguë. Après 15 minutes de route à 105 km/h (vitesse estimée par mes soins, le compteur de vitesse est cassé, et le compteur kilométrique est bloqué à 189 544 km), le chauffeur reçoit un coup de fil de leur patron qui leur demande de partir à Paris enlever une voiture accidentée. Ils décident de faire l'aller retour juste pour moi malgré tout, et me déposent au Nord d'Epinal sur un rond point après la sortie de l'autoroute. Ils ont encore 50 kilomètres pour revenir à Nancy, puis 380 km jusqu'à Paris.

Je finis le reste du voyage à pied pour les quelques kilomètres qui restent. Parti à 10:30, j'arrive à 17:30 après plus d'une heure de marche. 7 heures de route en autostop, pour un premier essai, ce n'est pas trop mal. D'autant plus que le retour en train m'a pris ... 6h30.

Ce premier essai m'a permis de voir comment sécuriser mon sac, et constater si l'organisation du métériel dans les poches est bien conçu.

Les erreurs que j'ai faites :

  • J'avais presque 2 litres d'eau sur moi dans mon camelback, je pense que ce n'était absolument pas nécessaire pour ce voyage. 2 kilos en plus, ça se sent;
  • Le choix des villes est primordial pour faire de l'autostop. Plutôt que Nancy, j'aurais pu indiquer Metz pour trouver un chauffeur plus rapidement;
  • Se positionner près des pompes à l'air de fonctionner beaucoup mieux, car les gens ont le temps de se demander s'il veulent me prendre ou non. Lorsqu'ils sont déjà en train de repartir de l'aire de repos, ils n'ont que quelques secondes pour prendre une décision, et beaucoup ne s'arrêtent plus.
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